calendrier potager

Le calendrier potager de La Source dorée

En 2014 nous avons ouvert  le restaurant à la Source dorée, avec la ferme intention de produire la majeure partie des légumes consommés sur le Centre. Pour ce faire, il nous faut produire toute l’année pour satisfaire la demande du restaurant.
Une des clés pour y arriver c’est la planification de la production. C’est une étape fondamentale du travail de tout maraîcher professionnel.
Un expert nous avait dit qu’il nous faudrait passer 2 mois la 1ère année à la réalisation de ce calendrier potager. Dans les faits, nous avons réfléchi à une première planification, puis nous l’avons peaufinée lors de la 2ème année. Et effectivement, cela nous a pris 2 mois pour réaliser notre plan de culture.

calendrier potager

Pourquoi réaliser ce fameux calendrier potager  ?

Lors de sa croissance une plante puise dans les ressources du sol pour se nourrir. Chaque type de plante a des besoins en nutriments différents. Il est donc utile d’alterner les cultures en fonction des besoins nutritifs.  La rotation vous permet de même de vous assurez que vos cultures ne sont pas plantées là ou les parasites auxquelles elles sont sensibles ont pu s’installer.

A La Source dorée, nous avons suivi une logique inspirée de la méthode de design en permaculture. Nos choix ont été inspirés par les maraîchers franciliens du 19 siècle pour maximiser le rendement de nos surfaces de culture tout en améliorant le sol. Avouons néanmoins que nous en sommes pas encore à programmer 8 récoltes dans l’année sur une même planche pour l’instant.

Voici donc les grandes lignes de notre réflexion.

L’ Observation première étape du calendrier potager

Nous sommes partis de notre production en 2017 à la ferme qui nous a permis de peaufiner notre calendrier.

Nous avons donc retenu les informations suivantes :

• quantité de production par légume
• quantité achetée par Jérôme le chef du restaurant auprès de notre fournisseur
• nouvelles variétés à développer
• rotation des cultures sur une planche

Nous avons ensuite classé les légumes par famille. Puis pour la rotation nous avons décidé qu’une planche aurait 8 rotations. C’est à dire que la 1ère culture reviendra au bout de la 9 ème année de production. Notre rotation de culture de saison est la suivante :

  • Année 1 : Solanacées/ ////Engrais vert
  • Année 2 : Verdures /Racines (astéracées + apiacées+chenopodiacées) chicorée/laitue/carottes/cerfeuil/fenouil/panais/persil/betterave/épinard/jeune pousse/famille lactuca/ /////Engrais vert
  • Année 3 : Brassicacées + cucurbitacées  navet/choux/radis/roquette/jeune pousse barricadées/concombre/courgette
  • Année 4 : Verdure/Racine (astéracées + apaisées+chenopodiacés+fabacées)
  • Année 5 : liliacées : ail /ciboule/échalotte/oignon/poireau
  • Année 6 :Verdure racine (astéracées + apiacées+chenopodiacées
  • Année 7 :  Brassicacées + cucurbitacées+engrais vert
  • Année 8 : Verdures /Racines

De plus, nous prenons en compte que dans l’année, la même planche produit un autre légume avant et/ou après la culture de saison

2/ Évaluation détaillé des besoins

Nous avons évalué les besoins :

du restaurant : par légume et par semaine
en métrage de production : nous réfléchissons en mètre linéaire de production. Une planche produit entre 2 à 12 lignes de légumes, selon ce que nous souhaitons produire. Par légume, nous avons calculé les mètres linéaires totaux occupés sur l’année.
en choix variétaux : pour répondre à la demande du restaurant, nous avons besoin de produire des variétés précoces, de saison et tardives et ayant des qualités gustatives et visuelles intéressantes dans les assiettes servies au restaurant.
En apport d’amendement : fumier, compost, engrais vert…
En durée de préparation des planches avant semis ou repiquage, notamment s’il est nécessaire de réaliser des faux semis.
• En durée d’occupation des terrains en engrais vert
• …

3/ Évaluation de nos ressources

Nous avons fait le point sur ce dont nous disposons :

• inventaire des semences par légume en stock
• mètre linéaire disponible sur l’ensemble de la zone maraîchère

Nous avons aussi fait le point sur ce qu’il nous fallait « acquérir » en semences manquantes par légume et quantité.

4/ Tri des données

Pour chaque légume, nous avons rédigé une fiche de culture répertoriant :

• les caractéristiques de l’itinéraire technique choisi : distance de plantation, semis en pleine terre ou sous serre froide, apport d’amendement, …
• les variétés choisies en stock ou à acheter
• les quantités de semences nécessaires, de production attendues, de CA prévu
• les semaines de semis, repiquage, récolte prévues

Nous avons délimité et nommé nos différentes zones de cultures : Potager 1, Potager 2, Potager 3, Grande Serre, Vigne, Jérôme,

Dans chaque zone, nous avons identifié les planches et déterminé le stade de rotation.

5/ Design

Nous avons réalisé plusieurs plans du jardin maraîcher.

• Un premier plan montre pour chaque planche la culture principale.
• Un plan répertorie sur chaque planche de chaque zone les différentes cultures qui vont se succéder avec les semaines d’installation (semis ou repiquage) et de récolte.
• Un autre plan répertorie les actions à mener avant l’installation des légumes et quand elles doivent être réalisées (apport de fumier ou compost, faux semis…). Ce plan sera renouvelé régulièrement au cours de l’année avant les nouvelles rotations

Dans un agenda partagé, nous avons saisi pour chaque variété toutes les périodes de semis, repiquage, récolte. Nous y indiquons les quantités de graines à semer, de plants à repiquer.

Enfin dans la serre, nous avons priorisé les légumes précoces, nécessitant de la chaleur, et les variétés d’hiver (notamment des jeunes pousses d’hiver).

6/ Implémentation

Chaque semaine, nous nous référons à l’agenda électronique partagé pour connaître les tâches à mener. Ainsi nous pouvons  prioriser en fonction de la météo à quel jour de la semaine réaliser les actions.
Pour les semis en pleine terre, nous nous référons aux fiches légumes et aux différents plans.
Chaque membre de l’équipe est ainsi autonome pour cultiver dans le jardin.

7/ Maintenance

Nous notons les actions réalisées sur un cahier, ce qui nous permet de suivre les cultures et en fin de saison, nous pourrons faire un bilan des écarts de planification. cela nous permettra de comprendre les causes des écarts et les implications. Par conséquent, l’année prochaine notre calendrier potager collera ainsi encore plus à nos besoins

Comme certains l’ont peut être remarqué Cette planification suit les étapes de réalisation du design en permaculture (OBREDIM). « observation, besoins, évaluation, design, implémentation, maintenance »
Pour nous, l’idée est qu’elle nous permette de gagner en efficacité afin de pouvoir suivre correctement les autres activités au jardin : Plantes aromatiques et médicinales, arboriculture, élevage. Bien entendu, aucune année ne se ressemble et les conditions météo restent un impondérable que nous ne pouvons pas mettre dans le calendrier.

N’hésitez pas nous poser des questions ou à partager votre calendrier potager ci dessous !

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